Le musée de la Mode de Marseille donne carte blanche à cette petite-fille de bottier qui, depuis 2000, s’impose à pas de velours dans l’univers de l’accessoire. Rencontre dans son atelier parisien
C’est une rue qui lui va bien, la rue Papillon, cette artère tranquille du IXe arrondissement où elle a installé en 2000 sa boutique et son atelier, loin des parcours fléchés du luxe parisien. C’est là que cette fille de tailleurs arméniens, élevée à Villejuif, dessine des collections d’accessoires de plus en plus remarquées, qui mêlent candeur et impertinence, féminité rétro et jeux de lignes? Un cocktail à l’image de cette pétillante brune de 39 ans Vente en ligne Chaussures Supra nourrie par sa passion pour le rock, son goût de la fête comme par ses voyages en Arménie, le pays de ses grands-parents, découvert en 1999. Depuis, elle n’a cessé d’y faire des allers-retours. Elle a même présenté un défilé remarqué à Erevan, en octobre 2006, avant d’être choisie comme le chef de file des créateurs arméniens, dans le cadre d’une exposition qui débute le 16 mai à Marseille.

Prix: €123.17 €56.66Economie : 54%
Diaporama
Cliquez sur l’image pour voir le diaporama Comment avez-vous abordé la culture de ce pays, que vous avez visité pour la première fois à 30 ans passés?
Le but, c’est de parler de l’Arménie autrement, d’une façon moins larmoyante et plus tournée vers l’avenir. On est néanmoins remonté au XVIIe siècle pour rappeler que les Arméniens ont introduit en Europe des tissus ou des teintures comme la garance. Puis l’on évoque le parcours d’artisans qui se sont illustrés en France dans des entreprises de chaussures, de broderie ou de tricotage, en mettant l’accent sur de grandes réussites: Alain Manoukian, Stephane Kélian, Alain Mikli ou d’autres, moins connus, comme Der Balian, Vente en ligne Chaussures Timberland qui chaussait Greta Garbo? Pour l’étage qui m’est consacré, j’ai voulu expliquer le processus créatif des collections.
Karine Arabian en 4 dates
1967
Sa naissance à Paris
1989
Diplômée du Studio Berçot
2000
Elle lance sa marque
2007
Exposition à Marseille
Quelle vision de l’Arménie aviez-vous, enfant?
Même si mes grands-parents ont toujours parlé arménien, c’était abstrait et inaccessible, comme un pays qui n’existait pas, tellement le drame du génocide était enfoui sous les non-dits. Mon grand-père maternel n’a jamais raconté sa véritable histoire, il a masqué toutes ses douleurs sous l’humour. Vente en ligne Chaussures Puma Du côté de ma grand-mère paternelle, j’ai perçu des choses terribles par bribes.
Qu’est ce qui a déclenché le désir de redécouvrir vos racines?
Le vrai déclencheur a été mon cousin Dan (avec qui j’ai fondé ma marque), qui est parti donner des cours là-bas dès 1991. Je me suis demandé comment, moi aussi, je pouvais être utile à ce pays. Et, en 1999, il y a eu le premier voyage avec mes parents, un vrai choc. J’y reviens régulièrement depuis.

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Avez-vous eu envie d’inclure les savoir-faire arméniens dans vos créations d’accessoires?
Je l’ai fait en 2003 dans la collection Minérale, avec des pierres et des bois locaux. En ce moment, je travaille avec des Arméniens installés à Beyrouth sur une mini-série de souliers et de bijoux en fils d’or et un sac en obsidienne baptisé Alchimia. Au-delà de ce choix de matières premières,Vente en ligne Chaussures Gucci j’ai voulu exprimer un mélange de dureté et de richesse intérieure en intégrant différentes réflexions: sur la femme orientale, les formes géométriques des monuments soviétiques…
Dans votre carte blanche, on retrouve le cinéaste Sergueï Paradjanov et le parfumeur Francis Kurkdjian.For anyone out there who may not be able to afford the high end things to stand out
Avant de découvrir l’Arménie, je connaissais déjà l’?uvre de Paradjanov. On a consacré un espace à ses collages et à ses costumes. Pour moi, il est tout à la fois un symbole de créativité, de folie et d’indépendance. Même en prison, sous le régime soviétique, il s’est battu en restant libre et flamboyant. Quant à Francis Kurkdjian, créateur de l’ambiance olfactive d’une partie de l’exposition, on s’est retrouvés autour d’une certaine idée du luxe et d’une Arménie tournée vers l’avenir.
L’accessoire est-il pour vous un moyen d’expression plus naturel que le vêtement?
J’ai commencé par faire des bijoux dans une chambre de bonne; je les ai présentés au Festival de la mode de Hyères, en 1993, et j’ai continué en travaillant pour Swarovski puis Chanel pendant deux ans, où j’ai dessiné peu à peu des sacs et des chaussures. Même si je suis née dans le vêtement, j’étais paralysée par des références inaccessibles comme Azzedine Alaïa et je ne me sentais pas à la hauteur pour me lancer.